#3 Perle

Journal by Haruna Mori

#3 Perle

2023年10月27日

Belle dès l'instant où on la retire du coquillage, la perle diffuse un éclat plein de noblesse.

La perle est la seule pierre précieuse qui soit belle à l'état naturel, sans que la main de l'homme y intervienne.

De tout temps et en tous lieux, cette gemme mystérieuse a orné les parures les plus diverses et fasciné les hommes.



ANNADIAMOND emploie des perles qu'elle a nommées « perles uniques ».

Ce terme désigne les perles baroques Akoya (les perles de forme irrégulière), mais si nous nommons ainsi tout particulièrement les perles baroques Akoya,

cela tient à ce qu'a été jusqu'ici l'industrie de la perliculture.



L'histoire de la perle

À l'époque des perles naturelles, la perle était extrêmement rare et hautement prisée.

Tous les coquillages dotés d'une face intérieure nacrée, appelée nacre, sont des huîtres perlières,

et l'huître perlière elle-même se rencontre partout, en mer comme en eau douce ;

pourtant, la plupart ne produisent une perle que rarement, et le plus souvent celle-ci n'était pas digne d'être admirée.



Retraçons d'abord combien la perle a été aimée, de l'Antiquité à nos jours.

La culture de la perle, éclose dans l'ancien Orient, sa région d'origine,

gagna l'Europe à la faveur des campagnes d'Alexandre le Grand vers l'Orient.

Les anciens Européens s'enthousiasmèrent aussitôt pour la perle,

mais il fallut attendre l'ère des grandes découvertes, à partir du milieu du XVe siècle, pour qu'un engouement plus grand encore advienne.



Durant l'ère des grandes découvertes, Christophe Colomb découvrit au Venezuela, en Amérique du Sud, une grande région productrice de perles Akoya.

Dès lors, la perle afflua en abondance vers l'Europe.

Par ailleurs, le Japon, où la perle était un produit d'exportation important depuis l'époque de la reine Himiko,

vit à la même période son existence révélée à l'Europe

par le « Livre des merveilles » de Marco Polo.


Ainsi, avec l'afflux d'une grande quantité de perles, ce qui n'appartenait jadis qu'aux familles royales

vit son prix chuter au XVIe siècle et se répandit jusqu'aux classes bourgeoises.



À cette époque, la plus célèbre pour son amour des perles est sans doute Élisabeth Ire.

Elle en piquait plusieurs dans ses cheveux, portait des colliers à six rangs,

et se parait, dit-on, d'une profusion de perles jugée extravagante même pour l'époque.



Puis apparurent des perles d'imitation en verre teinté, et la perle, soudain devenue familière,

connut de la fin du XIXe au début du XXe siècle une bulle où son prix flamba de façon anormale.

Cela tenait à la manipulation des prix par les négociants et à l'engouement des nouveaux riches américains.


En particulier, à la faveur de la demande née de la Première Guerre mondiale,

la quasi-totalité des perles du monde prit la direction des États-Unis,

et la perle devint un article de première nécessité pour la bourgeoisie.

On ne saurait exagérer en disant que les dames

consacraient toute leur vie à posséder perles et diamants.



Lors de la crise de 1929, la diffusion des perles de culture aidant, le prix des perles naturelles s'effondra lui aussi ;

mais la robe noire de Coco Chanel, que la perle mettait si bien en valeur, remporta l'adhésion massive des femmes,

et le « style de la perle sur la robe noire » devint un classique.

La perle retrouva ainsi sa popularité.



Après la guerre, des personnalités comme Marilyn Monroe ou Audrey Hepburn en soutinrent encore la popularité,

et la perle devint la gemme dont rêvaient les femmes du monde entier.

Ballottée au gré des engouements successifs, la perle est encore aujourd'hui aimée de tous.



La perle Akoya en quête du cercle parfait

Ce qui a contribué à un approvisionnement stable en perles, c'est la réussite de la perliculture.

D'ordinaire, sur dix mille huîtres Akoya, à peine une donne une perle parfaitement ronde, tant elle est rare.

Même une fois l'abondance atteinte grâce à l'augmentation des récoltes,

les colliers, qui exigeaient d'assortir la taille et la couleur des perles, demandaient de quelques années à plus d'une dizaine d'années de travail,

et leur prix était si élevé que chaque pays menait des recherches sur la culture.



Au terme de recherches ardues, ce fut le Japon, au début du XXe siècle,

qui perça le principe de la formation de la perle et réussit à produire des perles parfaitement rondes.

Au Japon, région d'origine de l'huître Akoya, la perliculture devint une grande industrie.



L'huître Akoya était de longue date la « reine des huîtres perlières », sans rivale pour la beauté et la rondeur de ses perles,

et son emploi permit de produire l'une après l'autre des perles rondes et magnifiques.

Au début, la crainte d'un effondrement du prix des perles naturelles suscita des mouvements d'opposition ; mais indiscernables des perles naturelles,

et pouvant de surcroît être assorties en taille et en teinte, les perles de culture virent leur renommée grandir peu à peu.

La distinction entre naturel, culture et imitation cessa d'importer autant,

et la perle se mua en produit fabriqué en masse à l'ère de la consommation de masse.



Les perles baroques mises au rebut

Ainsi, la perliculture japonaise ayant été développée pour produire en masse des perles de taille égale et parfaitement rondes,

les perles qui n'étaient pas parfaitement rondes étaient, dans l'ombre, mises au rebut.

Les perles parfaitement rondes issues de la culture ne représenteraient même pas un dixième de l'ensemble.



Alors que l'on avait introduit un noyau rond pour obtenir une perle ronde,

celle-ci se déformait en une silhouette étrange ; du point de vue du producteur,

il n'était peut-être pas surprenant qu'elle parût inutile.

Aujourd'hui encore, certains artisans âgés appellent, dit-on, la perle baroque « perle de rebut ».



Pourtant, la perle baroque n'a pas toujours été méprisée.

À l'époque des perles naturelles, ce sont au contraire les perles déformées qui circulaient le plus.

Leur forme singulière stimula l'imagination des artisans d'Europe,

et l'on créa des bijoux mettant la perle baroque à l'honneur.

Les assembler pour évoquer tout autre chose : l'art consistait à savoir comment les employer.



Le tournant se situe au XVIIe siècle.

Les perles rondes se faisant plus abondantes, la faveur des perles en forme de goutte, une variété de perle baroque, déclina,

et superposer plusieurs rangs de colliers de perles rondes devint le style le plus en vogue.



De plus, la perle baroque tire souvent sur le bleu,

et le fait qu'à cette époque on prisât les perles blanches ou rosées contribua aussi à son déclin.



Repenser la « beauté »

Mais au fait, qu'est-ce que l'homme trouve beau ?

Depuis des millénaires, l'humanité médite cette question, mais la réponse, en vérité, demeure introuvable.

Devant une perle parfaitement sphérique et rayonnante, on la trouve belle sans raisonnement et l'on est ému.

Mais trouver le cercle parfait beau n'est qu'une manière de voir parmi d'autres,

et peut-être qu'une beauté universelle, en vérité, n'existe pas.



La beauté est chose qui se « découvre ».

Le cercle parfait a sa beauté, l'irrégularité a la sienne,

et celle-ci se révèle à nos yeux lorsque nous changeons de regard.



Comme nous l'avons dit, la perle baroque a connu un temps où l'on reconnaissait la beauté de la singularité de sa forme.

Les perles des huîtres autres que l'Akoya, par exemple celles de l'huître à lèvres noires, sont souvent déformées,

et comme elles se révélaient de forte taille, on les tenait en grande estime ;

les perles produites par l'ormeau, en forme de bâtonnet ou de corne, dégageaient une présence puissante.

Ces dernières années, les perles d'eau douce sans noyau, les perles keshi,

séduisent par leur caractère naturel et l'originalité de leur forme.

À une époque où la perle sphérique est devenue la norme,

de plus en plus de personnes, dit-on, trouvent une fraîcheur dans les formes qui échappent à l'uniformité.



Alors qu'une telle diversité de beautés existe rien que dans le monde de la perle,

faut-il vraiment que la perle Akoya soit toujours parfaitement ronde ?

Assurément non.

La perle a maintes fois été soumise au sens du beau de son époque.

Aujourd'hui encore, nous pouvons changer de regard et faire évoluer ce sens du beau.



La perle unique, belle et respectueuse de l'environnement

Et c'est la perle unique qui met en lumière la perle baroque,

effacée au fil de l'histoire de la perliculture Akoya.



C'est un nouveau chapitre de la perle Akoya, qui trouve de la valeur dans ce qui la faisait justement mettre au rebut, à savoir « ne pas être parfaitement ronde ».

Il n'existe pas au monde deux perles uniques de même forme,

et chacune donne un bijou absolument unique.


Si parfait que soit un cercle, songer à l'innombrable multitude de perles perdues dans son ombre

laisse planer un doute : est-il vraiment beau ?

La perle unique possède, outre la beauté de la forme,

une autre beauté : celle de ne pas gaspiller les présents de la nature.



Par ailleurs, une traçabilité permettant de connaître le producteur fait aussi le charme d'ANNA DIAMOND.

ANNA DIAMOND emploie des perles Akoya nées au Japon.

La culture requiert, pour chaque perle, de longues années de travail manuel, de trois à quatre ans,

et les perliculteurs se consacrent chaque jour à leurs perles avec sincérité et affection.

Riches de tant d'intentions, les perles uniques, ces petites gemmes, brillent avec force.



<Références>

Le plaisir de l'art, une esthétique accessible, sous la direction de Heisaku Harada et Tsunemichi Kambayashi, éd. Kōyō Shobō, 25 juillet 2002, 4e tirage de la 1re édition

Introduction à l'esthétique, Asahi Sensho 32, par Masakazu Nakai, éd. Asahi Shimbun, 10 mai 1999, 22e tirage

Une histoire mondiale de la perle, cinq mille ans de richesse et d'ambition, Chūkō Shinsho, par Atsumi Yamada, éd. Chūōkōron-Shinsha, 25 août 2013, 1re édition

Histoire naturelle de la perle, par Kiyoo Matsuzuki, éd. Kenseisha, 12 mars 2002, 1re édition

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